LIVRE D’OR

Sylvie Vermeulen

Sylvie Vermeulen a consacré sa vie au travail sur soi et à l’écoute des autres. Ses écrits sont nombreux et disponibles sur le site de Regard conscient. Elle nous a quitté le 10 mars 2020, après une longue épreuve. Son écoute inconditionnelle nous a transformés, son exemple nous a éclairés. Nous lui en sommes immensément reconnaissants. Si vous souhaitez laisser un message en mémoire de Sylvie, utilisez simplement le lien ci-dessous.

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Marc-André Cotton a écrit le 13 mars 2020:
Sylvie Chérie,
Comme il est difficile de résumer en quelques mots tout ce que tu nous as apporté !
Tes éclats de rire communicatifs, ta joie de vivre, ton écoute et surtout l’expression de ta conscience.
En quittant ta Normandie natale pour le Pays basque, voici près de quarante ans, tu avais dit : « Il n'y a pas assez d'amour ! » Tu as mis 800 kilomètres entre toi et cette première partie de ta vie pour faire ce que tu voulais faire : étudier la psychologie humaine, comprendre tes contemporains et finalement apprendre à les aimer.
Lorsque je t'ai rencontrée, tu manifestais cet amour à l'égard de tes enfants, que tu as souhaité accueillir dans la bienveillance et instruire dans la famille. Ce sont aujourd'hui de belles personnes sur leur chemin de vie.
Tu offrais déjà de ton temps à l'écoute des autres, dans un contexte thérapeutique dont nous avons tous bénéficié. Je me souviens de longues séances d'accompagnement au cours desquelles je me suis peu à peu retrouvé. Où j'ai réalisé que je pouvais être aimé.
Tu as bravé tous les interdits parentaux pour avancer et faire face à nos douloureuses histoires personnelles. En pensant à ce que nous avions vécu dans l’enfance, tu disais systématiquement : « C’est horrible ! C’est monstrueux ! » Il m'a fallu du temps pour réaliser qu’effectivement tout cela avait été horrible et que ces souffrances résiduelles se mettaient au travers de nos existences, nous empêchaient de vivre. Mais que l'on pouvait s'en libérer !
Tu n'avais alors d'autres préoccupations que celle-ci : se libérer par ce que tu appelais « la thérapie ». Une approche finalement simple d’écoute inconditionnelle qui nous a peu à peu reconnectés à notre dimension d'êtres sensibles et conscients. Mais l’écoute inconditionnelle est si rare !
C'est ce travail qui a été la base de notre relation. Un travail qui t'a mené jusqu’à Lalleyriat où nous avons poursuivi les mises au jour de nos dynamiques inconscientes. Tu nous as légué des outils novateurs, inédits, pour poursuivre l'exploration de nous-mêmes au quotidien. Aujourd'hui, nous savons ce qu'est une remontée émotionnelle, un rejouement, un schéma de comportement. Ce que tu appelais le senti ou notre processus de réalisation. Mais à l'époque, ces mots nous semblaient incongrus, inadaptés. Quelle force il t’a fallu pour faire face à nos résistances et rester dans l’écoute !
Tu as souhaité poursuivre en ouvrant un cabinet, toi qui avais souvent été dernière de la classe ! Un défi dans lequel nous avons pu t’accompagner. Tu as tissé des liens avec de nouvelles personnes souhaitant faire ce travail. Elles te témoignent aujourd’hui leur reconnaissance. À ces personnes qui ne peuvent être présentes ici, j'ai annoncé la nouvelle de ta disparition prématurée et voici certains de leurs retours :

« Le travail que j'ai entrepris avec Sylvie a littéralement sauvé ma vie et celle de ma fille ainsi que changé mon regard sur moi et sur mon histoire. Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à elle. »
« L'accompagnement que j'ai vécu avec Sylvie m'a touché au plus profond de mon être et m'a permis de ressentir ce que signifie, dans une vie humaine, être véritablement accueilli, entendu, compris, reconnu, éclairé. Cette expérience unique a modifié mon rapport à moi-même et ma relation aux autres. Je la remercie. »
« Sylvie m'a accueilli à bras ouverts comme jamais personne ne l'avait fait et elle a fait germer en moi l'idée que ma conscience existait et qu'elle méritait de l'attention. Sa générosité m'a transformée. »

Sylvie Chérie, comme j'aurais voulu que cette conscience te permette de vivre encore de longues années, car tu avais tant à apporter au monde ! Je doute encore du sens de l'épreuve que nous venons de traverser. Mais une chose est certaine : elle nous a rapprochés, elle nous a fait grandir.
Témoin de ton calvaire, j’ai vu la force qu'il t'a fallu pour « être avec » ta maladie, comme tu le disais, non pas lutter contre elle, mais « être avec » – alors que tu voyais déjà tes forces diminuer. Au cours de ces dix mois passés à la Résidence du Verger, entourée de personnes plus âgées, cabossées par la vie et parfois handicapées, tu as gardé toutes tes facultés d’écoute. Beaucoup t’admiraient et te pleurent aujourd’hui.
De cette période de transition, de ta « fin de vie » comme on dit, je garde des souvenirs d’une rare intensité. Une intimité qui s’épanouit même en l’absence de mots qui t’ont finalement fait défaut ; une présence à l’autre indifférente à tes infirmités ; un lâcher-prise qui a fini par s’imposer à moi pour que j’accepte l’inéluctable.
Je me souviens de notre première et de notre dernière nuit. Dans les deux cas, la douceur, la chaleur, la présence inconditionnelle. Mais il y a quelques jours, tu es passée sur l’autre rive et j’ai senti ton dernier souffle. Non pas la fin d’une relation, mais le début d’une nouvelle. Comme dans un accompagnement.
Nous allons perpétuer ton héritage spirituel. Pour ce qui me concerne, je t’en fais la promesse. Ta mort nous oblige à grandir, à lâcher les attentes que nous avions posées sur toi. À nous libérer de nos attachements. « La conscience n’est pas le fait d’une seule personne ! disais-tu en voyant ma souffrance. Le défi n’est pas de vivre seul, mais de vivre ! » Et c’est bien ce qui nous fait le plus peur.
C’est une très belle âme que nous laissons s’envoler aujourd’hui. Ton sourire nous dit que nos belles âmes t’entourent aussi pour ce nouveau voyage. Tu nous quittes trop vite, mais tu restes avec nous et nous t’en sommes tellement reconnaissants.
Sylvie Chérie, nous te voyons partir en paix avec nous-mêmes.

La Balme de Sillingy (74), le 13 mars 2020